Mirabeau

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Géographie

Posé stratégiquement au carrefour de trois départements, Alpes de Haute Provence, Bouches du Rhône et Var, Mirabeau se tient paisiblement au milieu des paysages de collines et petits vallons du Parc naturel régional du Luberon, avec au loin le Mont Mourre-Nègre qui culmine à 1.100 m.

Histoire

Les premières traces d’occupation

Sur le plateau du Saint-Sépulcre ont été retrouvées les premières traces d’occupation humaine datée de -500 environ. La période gallo-romaine est représentée par un four de potier mis au jour au lieu dit Le Moulin. Il a sans doute approvisionné en amphores gauloises et en dolia la villa située près de la Ferme de l’Étang dont on a retrouvé les mosaïques.

Le premier « castrum »

Le premier « castrum » fut bâti au début du XIIe siècle et était possession de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon en 1119. Isolé au coeur d´un bassin environné de collines, le village contrôlait le passage de la Durance à l´entrée du défilé de Canteperdrix dès cette époque.
Le seigneur civil, accorda, en 1257, à ses villageois des franchises d’imposition et fit construire un pont sur la Durance en 1260. Ses fils se défirent de ce fief, en 1287, ils en vendirent une partie à Charles II de Provence, l’autre à Guillaume III de Sabran, comte de Forcalquier.

Aux XIVe et XVe siècles

La seigneurie est inféodée aux Barras, dont le descendant le plus connu est Paul Barras, membre du Directoire. Un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1364. Cette famille fit reconstruire cette même année le vieux pont qui avait été endommagé par une crue à la fin du XIIIe siècle. Une colline porte encore le nom de « Colle Barras ». Mirabeau compte en 1313 200 habitants.

Aux XVIe et XVIIe siècles

Le fief fut vendu en 1570. Le nouveau propriétaire était Jean Riquetti, mari de Marguerite de Glandevès. Ce riche négociant, premier consul de Marseille, voulait par cette acquisition obtenir la noblesse. La supercherie réussit, et le fief fut érigé en marquisat en 1685 pour Honoré II, syndic de la noblesse provençale. En 1680 il y a 450 habitants recensés.
Ses petits-fils furent Victor « l’Ami des Hommes » et Jean-Antoine « le Bailli de Mirabeau ». Son très célèbre arrière-petit-fils Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, « l’Hercule de la Révolution » rendit célèbre son nom. Les trois hommes ont marqué par leur présence, plus ou moins constante, la vie du village et de la commune. La crise du XVIIIème siècle réduit considérablement le nombre des familles et le village ne compte plus en 1728 que 94 habitants.

Aux XIXe et XXe siècles

L’élevage du vers à soie contribue à un certain essor démographique pour porter la population, en 1831 à 736 habitants. La voie ferrée ruina le commerce local et l´industrie hôtelière. L´exode rural fut précoce. Ainsi, en 1896 il n’y avait plus que 484 habitants et en 1968, 277.
Durant la deuxième guerre, en août 1944, les FFI reçurent l’ordre de bloquer le Pont de Mirabeau afin d’interdire aux armées allemandes toute retraite par la vallée de la Durance. Une mauvaise coordination des forces alliées fit que l’US Air Force intervint et bombarda vainement le pont. La Résistance se chargea donc elle-même de faire sauter une partie du tablier dans la nuit du 17 août, lequel fut rétablit, quelques jours plus tard, par le Génie militaire, puis complètement remis en état au cours des années 1947-1948.

Aujourd’hui

Depuis la deuxième partie du XXème siècle, le village se « repeuple ». En 1982, 458 habitants étaient recensés.
Avec la proximité de l’aéroport Marseille Provence et de la gare TGV d’Aix Arbois, avec l’implantation du centre d’étude nucléaire de Cadarache et celle di site ITER l’on assiste à renouvellement important de la population : 1100 Mirabelains sont recensés en 2008.